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Les Rythmes… ou le blues…

Posté le 12/03/10Par admin 

Nous voilà repartis dans une nouvelle consultation nationale sur la question des rythmes… Une énième… « Une de plus » diront certains… « Pour quoi faire et avec quels résultats ? » diront d’autres…

Je suis conscient que de poser d’entrée de jeu la question avec autant de morosité peut démotiver les troupes et laisser croire que nous, les mouvements d’éducation, en serions blasés… Ce n’est certainement pas le cas… Mais il faut avouer qu’en prenant uniquement la question sous l’angle du temps scolaire, on peut douter de l’efficacité du processus lancé par le gouvernement en la personne de son ministre de l’éducation. Rappelons-le, si le temps de l’école est essentiel, tant dans sa durée que dans ses contenus, il n’en demeure pas moins qu’il représente le ¼ du temps de l’enfant sur une journée scolaire et environ un dixième seulement de son temps annuel…

Ne serions-nous pas inspirés d’aborder enfin cette question dans sa globalité en parlant de rythmes de vie de l’enfant, de l’adolescent plutôt que d’y entrer par la porte, somme tout plutôt restrictive, du temps scolaire de l’élève…

Depuis des décennies, les CEMEA, aux côtés d’autres mouvements d’éducation, se battent pour faire reconnaître d’autres lieux et d’autres formes d’éducation, formelle, informelle et non – formelle. Depuis des décennies, nous portons l’idée de la prise en compte de l’enfant dans sa globalité, en le plaçant au centre de notre projet d’éducation. Depuis des décennies, nous tentons de tenir compte des apports des chronobiologistes dans nos pratiques au quotidien…

Comment ne pas avoir le blues quand le gouvernement nous parle de rythmes ? Nous savons que les questions des rythmes sont liées, entre autres, aux contenus et aux conditions de l’acte d’apprentissage, mais cela n’empêche pas notre gouvernement de s’apprêter à supprimer des milliers de postes d’enseignants, à maltraiter les réseaux d’aide, …. Nous savons que la question des rythmes suppose de porter  la réflexion au-delà du temps scolaire. Et pourtant, notre gouvernement s’apprête à faire à nouveau des coupes sombres dans les crédits accordés aux associations complémentaires de l’école qui devraient être des partenaires privilégiés, non seulement de la réflexion mais aussi de l’action éducative en complément de celle de l’école. Dans le même temps, ce même gouvernement transfère tant de charges aux collectivités locales, qu’elles en sont réduites à gérer la pénurie avec les conséquences que nous savons sur le tissu associatif, acteur irremplaçable dans l’accueil de l’enfant et de l’adolescent en complément de son temps scolaire…

Alors bien sûr que nous devons participer à cette réflexion, bien sûr que nous devons remettre une nouvelle fois l’ouvrage sur le métier, bien sûr que nous devons encore et toujours être force de proposition, mais sachons aussi dire que si la réflexion ne parvient pas à dépasser les intérêts partisans, corporatistes des uns, économiques des autres, la montagne accouchera à nouveau d’une souris… Et sachons dire aussi, que si réduire la durée du temps de présence quotidien de l’enfant dans l’école est sans doute une nécessité, penser son accueil et son éducation en complément de l’école est une exigence absolue si l’on ne veut pas voir les inégalités s’accroitre encore un peu plus…

Pendant ce temps, aux CEMEA Nord-Pas de Calais, de rythme, nous n’en manquons pas et gageons qu’il va nous en falloir dans les rendez-vous qui se profilent pour cette nouvelle année qui pointe le bout de son nez…

Nous ne manquons pas de rythme, quand nous nous retrouvons à une vingtaine de militants ce samedi 11 décembre en « mini-regroupement » pour échanger et amender les textes issus du congrès sur l’évolution institutionnelle de notre mouvement… Les avis divergent, le débat est parfois houleux, les propos sont toujours engagés, mais la réflexion est là, les échanges sont réels, l’aventure éducative et politique se vit dans le respect des uns et des autres… Il nous faut encore du temps pour mûrir notre position sur d’éventuelles évolutions importantes du mouvement ? L’échéance de l’AG nationale de janvier vient trop vite ?… Qu’importe, prenons-le.  Allons à notre rythme…  Je ne doute pas que nous grandissions dans de tels moments d’échanges. Même si nous nous séparons en nous disant qu’il n’y a pas consensus, nous sommes au moins d’accord sur une chose essentielle : poursuivre ensemble notre réflexion pour trouver ensemble ce qu’il a de mieux pour notre mouvement au service de nos valeurs et de notre projet…

Enfin, dernière question de rythme en cette fin d’année 2010, celle des jours qui s’égrènent, les uns après les autres, nous rapprochant de façon implacable du transfert de notre association régionale dans ses nouveaux locaux… Date ultime : le 24 janvier 2011… Ce jour-là, il y aura sans doute aussi un peu de blues dans l’air quand nous quitterons définitivement le 118, Boulevard de la Liberté, quand nous en fermerons la porte une dernière fois… Ouvrant celles  d’une nouvelle aventure collective…

D’ici là, sachons le garder le rythme, la cadence, celle des cartons, des allers-retours, des démontages de meubles, des remontages de meubles… Nous comptons sur les bras de tous  le dimanche 16 janvier 2011 pour effectuer le gros du déménagement. Ce sera sans doute une belle manière de commencer ensemble cette nouvelle année céméatique… en rythme et sans blues…
Joyeuses fêtes à toutes et tous.

Laurent CATTELLE

Président des ceméa Nord-Pas de Calais