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Y’a plus d’saison, ma petite dame…

Posté le 12/03/10Par admin 

Vous l’avez sans doute remarqué, il est des mois de mai plus printaniers que d’autres et en l’occurrence, 2010 n’est pas spécialement une bonne année. Non seulement, la météo ne nous incite pas à l’allégresse, mais le climat économique et social n’est pas non plus au beau fixe.

Rien n’est fait pour nous rassurer : après la crise financière de la fin d’année 2008 et du début de l’année 2009, voilà maintenant qu’on se retrouve avec une crise de l’euro et en prime, la pilule de la réforme des retraites à avaler, des puits de pétrole qui fuient dans la mer sans qu’on puisse les arrêter… Manquerait plus que la France ne passe pas le premier tour de la Coupe du Monde et le désastre serait total.

Quel lien entre cette avalanche de mauvaises nouvelles et les CEMEA me direz-vous ? Il n’y en a pas directement ? Pourtant, si l’on n’y réfléchit à deux fois, tout cela n’est pas sans conséquence pour un mouvement comme le nôtre. Après tout, la crise qui secoue une nouvelle fois les bourses européennes est annonciatrice d’une cure d’austérité dont les effets vont vite se faire sentir en termes d’emplois, publics ou non, de prix, … Elle touchera indirectement des associations comme la nôtre car elle affectera nécessairement les publics que nous accueillons. De plus, on peut légitimement craindre qu’elle nous percute plus directement par de nouvelles réductions budgétaires en termes de financements publics. La question des retraites nous concerne elle aussi. Des syndicats étudiants et lycéens se sont positionnés sur cette question et ont lancé l’appel « la retraite, une affaire de jeunes ». Les CEMEA, mouvement de jeunesse et d’éducation, ne peuvent pas rester sourds à de telles mobilisations. Ils doivent prendre en compte cette inquiétude qui traverse les jeunes que nous croisons chaque jour dans nos formations. Quant à la marée noire aux Etats-Unis, elle nous interpelle sur la question de l’écologie, du développement durable, questions au cœur de nos préoccupations quotidiennes mais aussi sur la course du « toujours plus », toujours plus de profit, toujours plus d’énergie, toujours plus de consommation… .

Ce ne sont là que quelques exemples de grands sujets qui traversent notre actualité du moment et la liste des motifs de mobilisation pourrait être encore bien longue. Souvent, nous nous posons la question de notre légitimité à nous exprimer sur tel ou tel sujet car après tout, ne sommes-nous pas qu’un « simple mouvement d’éducation » ? Mouvement d’éducation, sans aucun doute, mais « simple », certainement pas ! Nous avons annoncé depuis toujours notre ambition d’une éducation émancipatrice et conçu notre mouvement comme un lieu où chacun peut élaborer sa pensée. Alors nous ne pouvons pas, nous ne devons pas rester en marge des grandes questions de société actuelles. C’est à ce prix là que nous serons l’outil de transformation sociale que nous souhaitons être.

Les mouvements comme les CEMEA, et le monde associatif en général, ont sans doute une responsabilité particulière dans le contexte actuel : celle d’être porteurs de sens car bien plus que de crise financière, économique ou sociale, ce dont nous souffrons d’abord, c’est d’une crise de sens. C’est sans doute ce qui nous rapproche plus d’une crise de civilisation que d’une crise de société. Nous ne sommes pas les seuls à être responsables de cette question mais plus que jamais, nous devons assumer notre rôle en la matière.

Nous l’avons déjà fait et nous savons encore le faire. Cela doit commencer sans doute par « l’interne » en redonnant à chacun et chacune, la possibilité de prendre sa place dans le mouvement. Les occasions n’ont pas manqué ces dernières semaines (regroupement préparatoire au congrès en avril). Elles ne manqueront pas non plus dans les semaines et les mois à venir : assemblée générale régionale le 5 juin, assemblée générale nationale le 12 juin, congrès national à Aix en Provence du 23 au 27 août… Vous trouverez tous les renseignements dans ce numéro….

Cela doit se poursuivre dans des actions, de l’agir, au plus proche des publics, au cœur des quartiers comme ce fût, par exemple, le cas lors du Fivestival…

Cela passera aussi par les moyens que nous nous donnerons pour porter nos idées, à commencer par de nouveaux locaux dans Lille pour y installer notre siège régional.

Alors oui, il est des mois de mai plus printaniers que d’autres. Mais ne laissons pas aux autres le soin de décider comment sera celui de 2010…

Laurent CATTELLE