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Une militante des Ceméa sensibilise les stagiaires du BAFD aux discriminations liées au l’handicap

Posté le 12/03/10Par Redaction 

Du 28 Octobre au 2 Novembre, les Ceméa organisaient une formation de perfectionnement du BAFD à Lille. Sur une demi-journée, la thématique du Handicap et les formes de discriminations en centre de loisirs était mise en avant. Pour cela, les Ceméa ont fait appel à une militante spécialiste de la question pour dispenser cet atelier aux stagiaires. 

Le vendredi après-midi, Stéphanie Lefelle, militante au Ceméa proposait un atelier sur les discriminations que peuvent ressentir au quotidien, les personnes en situation de handicap. D’habitude formatrice BAFD, Stéphanie Lefelle ne l’était pas sur ce stage. Par conséquent, les stagiaires ne la connaissaient pas, elle a pu jouer le rôle d’une personne sourde et muette auprès du groupe qui voulait parler de son handicap. Tous les stagiaires devaient trouver le moyen de communiquer avec elle et devaient s’adapter à son handicap. Ils devaient donc faire plus d’efforts pour comprendre et se faire comprendre d’elle. La journée s’est poursuivie par un temps de débat après la projection d’un powerpoint autour de la question du Handicap dans le cadre du centre de loisirs et d’accueils collectifs de mineurs.

1 –      Pouvez-vous, dans un premier temps, vous présenter et expliquer votre fonction aux Ceméa ?  

Tout d’abords militante aux Ceméa, j’ai poursuivi mon investissement en devenant formatrice et plus particulièrement pour les formations BAFD. Par la suite,  je suis devenue administratrice en rejoignant le Conseil d’administration et investie dans le bureau du CA dans lequel j’ai la fonction de secrétaire.

2 –      Pourquoi avoir proposé un atelier sur le handicap durant cette formation BAFD ?

Sensible au sujet de la différence, je travaille régulièrement avec différents acteurs du handicap. Je participe également aux actions liées à ce sujet et je me suis forgée des compétences que je souhaite partager avec d’autres. Anthony m’a sollicité pour une intervention dans le stage BAFD qu’il dirigeait.

3 –       Vous avez débuté votre intervention en « jouant » une personne sourde et muette, pourquoi cette mise en situation ?

 Je profite de ma compétence en LSF pour faire des initiations… Je sais que ce mode de communication intéresse et capte l’attention. Commencer cette intervention par ce mode de communication m’a permis de confronter les stagiaires au handicap. Mon souhait était que les stagiaires prennent conscience des difficultés liées à la différence et qu’ils puissent, pendant un instant, se mettre « à la place de »…

4 –      Qu’attendiez-vous des stagiaires à la suite de votre intervention ?

Suite à cette prise de conscience, je pense que les stagiaires ont été plus dans la compréhension et l’ouverture d’esprit. Ils ont pu questionner leurs pratiques en se mettant « à la place de ». Cette intervention a permis de tisser un lien rapide et d’initier une communication fluide et ouverte mais aussi de partager un moment de rencontre collectif.

5-      Pensez-vous qu’il existe toujours des formes de discrimination envers les personnes en situation de handicap, dans des centres de loisirs par exemple ?

La peur de la différence existe toujours. Qu’elle soit consciente ou inconsciente, cette peur provoque des réactions. L’ouverture d’esprit de notre jeunesse permet une évolution et une tolérance grâce au travail des acteurs éducatifs. La discrimination est négative ou positive, notre travail est d’en faire prendre conscience et d’enrayer tous les préjugés, les manifestations irrespectueuses. Pour reprendre une phrase de mon intervention : « Nous avons le droit d’avoir des préférences mais nous ne devons pas faire de différences. » 

6-  Comment pensez-vous que les choses puissent changer, évoluer pour ne plus connaitre ces discriminations dans le domaine de l’animation et plus largement dans notre société ?

Ne plus avoir peur de l’autre. Être en capacité d’accepter les différences des autres et les tolérer. Idée très utopiste mais séduisante. Un travail directement avec les familles me paraît nécessaire pour cette ouverture d’esprit. Mais il faut aussi que nous transmettions cette ouverture d’esprit en centre de loisirs.  

 

Raphaël Bazile – Service Civique Reporter de la vie associative