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Les CEMEA doivent prendre leur juste place dans la réflexion sur le dossier de la réforme des retraites…

Posté le 12/03/10Par admin 

Nous sommes un mouvement d’éducation et de jeunesse, et plus encore : un mouvement d’éducation populaire. Le fait d’être un mouvement pédagogique ne peut pas nous servir de prétexte pour nous dispenser de participer à la réflexion sur la  réforme des retraites. Au contraire, notre histoire, nos valeurs, nos revendications de tout temps nous légitiment à prendre position sur cette question et même nous mettent en demeure de le faire, ne serait-ce que parce que le système par répartition  basé sur les solidarités consacre notre engagement pour une société égalitaire où l’humain l’emporte sur le profit.
Car au-delà de la question de l’âge légal ou de la durée de cotisation, ce qui est actuellement remis en cause par la proposition de réforme gouvernementale nous concerne au premier chef en tant que mouvement d’éducation populaire.
Les orientations gouvernementales dans ce domaine portent atteinte au pacte social établi sur la base duquel s’est construite depuis 70 ans  (depuis  les orientations définies par le Conseil National de la Résistance) la solidarité entre actifs et non actifs, entre plus jeunes et plus âgés, et il faut bien le dire entre plus riches et plus pauvres. Cette réforme va à l’encontre du principe même de progrès social (et même de progrès humain tout court) en instituant le principe du « qui vit plus longtemps, travaille plus longtemps », principe basé sur des considérations démographiques régulièrement contestées et faisant fi des progrès technologiques consacrés au profit financier plus qu’à l’amélioration de la condition humaine. Cette réforme menace l’équilibre établi entre temps travaillé et temps libéré ; elle remet en cause la notion même de loisirs. Elle requestionne le principe de solidarité intergénérationnelle tant en termes « économiques » (soutien des plus jeunes vers les plus âgés) qu’en termes humains (remise en cause du temps « disponible » des plus âgés vers les plus jeunes). En ce sens, elle est bien loin d’être neutre sur les liens intergénérationnels. Elle impacte le projet de vie de chaque personne en modifiant les règles établies. Elle engagera aussi nécessairement une réflexion sur la place à donner à ceux qu’il est convenu d’appeler les « quinquas » et les « seniors », et qui sont aujourd’hui victimes de bien des plans sociaux, et qui constituent une partie des publics que ceux que nous formons auront à accueillir et à accompagner.
Ce sont autant de questions qui nous concernent directement en tant que mouvement d’éducation, que mouvement pédagogique, qu’acteur de la société civile, en tant qu’acteur politique et de transformation sociale. Il ne s’agit pas d’être simplement « contre », mais d’apporter notre regard sur des aspects qui sont au centre de nos réflexions depuis longtemps. Il parait évident que l’allongement de la durée de vie met en question l’équilibre des systèmes mis en place, équilibre dont la pérennité ne saurait être conditionné qu’au seul abaissement des conditions de vie de ceux qui sont déjà les plus fragiles. Pour autant, la réflexion ne peut être menée de façon unilatérale et brutale par un gouvernement qui semble sourd à toutes formes de contribution et qui se refuse à tout véritable débat sociétal tant avec  les représentants des salariés qu’avec les représentants de la société civile pourtant porteurs, les uns comme les autres, de propositions.
En ce sens, il est essentiel que les CEMEA, comme d’autres mouvements associatifs, fassent entendre leur voix, avec leur regard spécifique sur ces questions, en complément et aux côtés des partis politiques et des syndicats ainsi que de toutes les organisations humanistes et  progressistes qui dénoncent l’actuelle surdité gouvernementale. Cela passera, entre autre, par une participation affirmée de nos militants à la journée d’action et de mobilisation du 7 septembre 2010.

Laurent Cattelle,
Président des CEMEA Nord-Pas de Calais