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Zoom sur actions : partage d’expérience des participant.e.s au Sommet des jeunes du Triangle de Weimar

Posté le 12/03/10Par Redaction 

Rencontre des jeunes des Hauts-de-France ayant participé à une expérience Européenne à Duisbourg en Allemagne.

Mardi 4 Septembre 2019, des jeunes de la région Hauts-de-France qui ont participé au « Sommet des Jeunes du Triangle régional de Weimar » cet été, étaient conviés dans les locaux de l’association des Ceméa à Lille pour un Zoom sur actions. Le but de cette journée était de faire un retour sur l’expérience vécue lors de leur mobilité à l’étranger, de partager leurs actions, les compétences qu’ils ont développées et de faire part de leurs ressentis post mobilité à l’étranger. Cette année, les Ceméa Nord-Pas de Calais ont contribué à cette édition en recrutant les participants et en les accompagnant tout au long de cette rencontre interculturelle. 

 

Durant la fin de l’été 2019, une quinzaine de  lycéen.ne.s, apprenti.e.s et étudiant.e.s issus de la région des Hauts-de-France ont pu participer à un sommet interculturel à Duisburg en Allemagne avec 30 autres jeunes Allemands et Polonais. Pour cette 18e édition, les Ceméa étaient chargés, pour la première fois, de sélectionner les jeunes volontaires, de les accompagner et de les encadrer lors de cette expérience Européenne. Les 15 jeunes Français.e.s ont été recruté.e.s parmi les 49 postulant.e.s en fonction de leur investissement lors de deux demi-journées de rencontres. En effet, les Ceméa ont privilégié un recrutement en groupe basé sur des activités de prise de parole, d’argumentation, de respect d’autrui.

Le « Sommet des Jeunes du Triangle régional de Weimar », créé en 2001, a pour but de promouvoir la diversité, l’engagement pour la cohésion sociale et le développement du vivre ensemble autour de la question Européenne. Les jeunes de la région ont donc pu échanger avec d’autres jeunes citoyen.ne.s Européen.ne.s sur ces thématiques et évoquer des sujets tels que la diversité, le racisme, le développement durable ou encore le harcèlement. La création de ce sommet des jeunes date de dix ans après celle du Triangle régional de Weimar, projet de coopération entre la région des Hauts-de-France, le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la Voïvodie polonaise de Silésie en Pologne, avec pour objectif de favoriser la réconciliation germano-polonaise. 

 

Une dizaine de jeunes était donc présents le mardi 4 Septembre  pour rendre compte de leur expérience et découvertes lors du sommet. Des proches, des enseignants des jeunes mais aussi des membres des Ceméa étaient présents pour ce Zoom sur actions, tout comme Madame Mady Dorchies-Brillon, élue au Conseil Régional. Les jeunes de la région ont donc partagé leurs expériences par le biais de témoignages et des photos exposées. Ils ont pu expliquer devant l’assemblée, le but de leur voyage et les actions qu’ils ont menées en coopération avec d’autres jeunes allemand.e.s et polonais.e.s. Un diaporama en allemand, traduit en simultané a été présenté ainsi qu’une frise sur l’écologie. Ils ont relaté leur rencontre avec les élus locaux de Duisbourg, leur repas avec les réfugiés Syriens et enfin l’initiation à une danse traditionnelle polonaise. Ce séjour d’une semaine a particulièrement été marquant pour ces jeunes aspirant à une plus grande écoute et considération. Il leur a permis de prendre conscience de leur rôle dans la société et au sein de l’Europe pour certain.e.s et d’être force de propositions pour d’autres. L’ouverture à l’autre et le vivre ensemble étaient au cœur des débats également.

Mme Dorchies-Brillon, qui s’est déplacée avec son équipe à Duisbourg pendant le Sommet, et présente lors de ce Zoom sur action, a salué le travail et l’engagement des participants et annoncé certaines mesures. Elle a d’une part déclaré que les actions des jeunes seront communiquées à l’équipe du Président de Région, M. Xavier Bertrand et d’autre part, la possible création d’un conseil de jeunes sur l’écologie au sein du Conseil Régional des Hauts-de-France. L’écologie fut un point qui a particulièrement été abordé par les jeunes durant le sommet en Allemagne. La Région a reconnu le travail de réflexion mené par les Ceméa avec ces jeunes issus de la diversité des Hauts de France.

 

« On est quand même représentatif d’une partie de la société qui vit et connait ces changements »

Amina, 17 ans, Terminale ES au lycée Notre-Dame de Valenciennes.

 

Comment as-tu connu le sommet des jeunes du Triangle de Weimar ?

Du bouche-à-oreille. Au départ c’est une amie qui m’en a parlé et j’ai aussi reçu un mail par la région des Hauts-de-France. Chaque jeune possédant la carte génération ont reçu ce mail. Le projet et la thématique m’intéressaient particulièrement parce que c’est vraiment un milieu intellectuel que je vise et dans lequel je voudrais m’épanouir. J’ai tout de suite voulu le faire.

 

Quelles étaient tes motivations pour t’engager ?

Personnellement c’est la thématique agir pour le vivre ensemble, la cohésion sociale et la diversité. Ces thématiques sont toujours au coeur du débat français, elles sont très importantes pour notre société. En tant que jeune je n’ai pas vraiment la possibilité de contribuer au changement réel que je veux voir chez les autres, cette opportunité était parfaite pour participer car j’aime beaucoup les valeurs qu’elle véhicule, l’épanouissement que ce sommet m’a prodigué et l’expérience humaine incroyable. J’ai vraiment appris énormément de chose d’autant plus que c’était international. On avait un reflet des visions polonaises et allemandes qui ont des relations historiques, économique et commerciale avec la France.

 

Est-ce que cet échange t’a apporté quelque chose ?

Oui ! C’est indéniable ça m’a apporté beaucoup de choses. Tout d’abord on voit bien que ça permet de mettre en perspective son opinion et de la forger encore plus, de renforcer l’intérêt qu’on a pour telles ou telles problématiques comme ici pour le vivre ensemble. Ça m’a permis de confronter avec d’autres nationalités, d’autres manières, d’autres cultures. De voir que les problèmes comme le racisme, l’immigration ou l’exclusion, qui n’ont pas de frontière, sont toujours les mêmes et sont abordées selon différents critères que ce soit dans des sociétés avancées ou non. Certaines dures réalités perdurent et ça m’a permis d’y faire face, de développer mon esprit critique, de voir les perspectives que l’on peut mettre en marche. C’était une expérience très fructueuse.

J’ai pu faire des découvertes incroyables, c’était une révélation et ça m’a conforté dans mon choix d’avenir. Je n’avais jamais eu l’occasion d’avoir un échange multiculturel comme ça en Europe. Je ne parle même pas allemand et pourtant la barrière de la langue n’était même pas présente.

 

Quelles visions as-tu de l’Europe après avoir rencontré tes voisins polonais.es et allemand.es ?

On est à la fois tous les mêmes mais différents. On n’a pas la même culture, la même langue, le même croquis gouvernemental ou le même parcours au niveau de l’éducation. La chose qui ressortait le plus c’est qu’on était tous des jeunes qui veulent contribuer au changement de demain, qu’on veut tous faire bouger les sociétés dans laquelle on vit, qu’on ne se sent pas assez inclus dans la vie politique et qu’on n’a pas forcément l’opportunité de lever la voix et de donner notre opinion car on est souvent considéré comme non légitime à cause de notre jeune âge. On était sur la même longueur d’onde. Il y a beaucoup de défis auxquels il faut faire face à l’heure actuelle et dans tous les cas c’est nous qui allons faire la société de demain. Si on ne nous donne même pas l’occasion de nous investir pour les résoudre ça part d’un mauvais pied car on est quand même représentatif d’une partie de la société qui vit et connait ces changements. Il faut laisser ce second souffle aux jeunes pour changer et faire disparaître ces problématiques présentes dans les mentalités.

 

Que signifie pour toi les mots diversité, vivre ensemble et cohésion sociale ?

« Il n’y a pas de culture française, il y a une culture en France et elle est diverse », je pense que cette phrase d’Emmanuel Macron résume bien le fait qu’on est tous différents selon notre couleur de peau, notre religion, notre orientation sexuelle mais que c’est cette différence justement qui va nous permettre d’aller vers quelque chose de plus beau et quand elle est acceptée on peut voir des résultats tout aussi beau. En tant que citoyen on doit s’engager pour notre pays et pour notre république. En s’engageant il ne faut pas laisser les gens se sentir exclu car il n’y a rien de pire que d’être mis sur le côté. Ça divise la société et va à l’encontre même de la citoyenneté.

 

Est-ce que tu as pu découvrir la ville en dehors du sommet ?

On a eu l’opportunité de sortir pour être plus en contact avec les polonais.es et les allemand.es, c’était très intéressant surtout par rapport à l’Allemagne. On est parti à Duisburg, Dortmund et Düsseldorf, la diversité est exactement la même qu’en France. Question nourriture je demeure une bonne française. J’ai bien mangé je ne vais pas me plaindre. J’ai préféré les plats typiques, les spécialités mais je n’ai pas aussi bien mangé qu’en France.

 

Qu’as-tu retenu de positif et/ou de négatif pendant cette semaine ?

Je pense que j’ai déjà dit beaucoup de choses positives précédemment. Une rencontre européenne intense avec d’autres jeunes ayant les mêmes vocations que nous, la même envie de changer les choses. J’ai pu découvrir de nouvelles cultures, ça m’a permis de m’éveiller là-dessus. Même si on veut se documenter, la réalité et les médias ne sont pas du tout pareil il faut toujours savoir différencier et faire la part des choses.

J’aurais aimé que la rencontre avec les politiques soit plus longue déjà pour les questions. On a eu la chance d’avoir un représentant politique des trois pays. Je n’avais pas forcément envie de poser des questions seulement à la représentante politique française mais aussi aux représentants de la Pologne et de l’Allemagne.

 

Si tu le pouvais, voudrais-tu renouveler l’expérience ?

Mille fois ! Il n’y a aucun doute que je recommencerais. Il y a tellement à voir et j’aimerais avoir plus d’occasions comme cela même au niveau local. On n’a pas forcément le temps avec le système éducatif français. Souvent je finis à 18h le temps de rentrer chez moi et de faire mes devoirs je ne peux pas me permettre de m’engager facilement. Par acquit de conscience, je compte postuler de nouveau l’année prochaine même si je sais que par souci d’équité je ne serais pas prise.

 

 

« C’est pas parce qu’on est jeunes qu’on ne peut pas agir ».

Emilie Martel, 19 ans, 4 ème année d’apprentie coiffeuse de Guarbecque.

 

Connaissais-tu le Sommet du Triangle des Jeunes de Weimar ?

Alors, pas du tout ! C’est une professeure de mon école qui m’a parlé de ce projet au mois de Mai car sinon personne dans mon entourage n’avait eu vent de cette initiative.

 

Pourquoi as-tu eu envie de participer à cette aventure avec d’autres jeunes dans un pays étranger ?

Des participations à des projets comme celui-ci, où il y a de la différence entre nous, de la diversité entre des personnes de différents milieux, pour vivre une expérience interculturelle à l’étranger, c’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire. L’année dernière, la thématique était basée sur les réseaux sociaux et les fakes news, deux thématiques que j’adore donc ça m’a donné envie de participer cette année. De plus, pouvoir aller dans d’autres pays voir comment ils fonctionnent chez eux et découvrir de nouvelles personnes m’a beaucoup motivée. Toutes ces raisons ont fait que j’ai posée ma candidature pour faire partie de ce projet.

 

En quoi cet échange et ce voyage à l’étranger à la rencontre de nouvelles personnes t’a apporté dans ta vie ?

Beaucoup de maturité déjà. On a appris énormément de choses en si peu de temps. Le thème principal de cette année qui était « vivre la diversité, s’engager pour la cohésion sociale et le vivre ensemble » était pour moi extraordinaire. C’est un sujet qui touche de plein fouet l’actualité, notre société, et justement de voir comment les Allemands et les Polonais traitent ce sujet était super interessant et enrichissant. Par exemple, nous les Français, on était le seul groupe où il y avait des personnes de couleurs et les Polonais nous expliquaient que comme ce pays est très religieux avec une forte influence de l’Eglise qu’il était compliqué d’intégrer des personnes de couleurs dans leur groupe. Néanmoins, le groupe de jeunes Polonais qui était avec nous voulait plus de diversité dans leur pays et je trouvais ça super d’avoir cette ouverture d’esprit. De toute façon pour participer à ce genre de projet, il faut être ouvert sinon ça devient compliqué je pense.

 

Que savais-tu de l’Union Européenne et de ce système d’échange entre les pays membres de l’Union avant ton départ ?

Comme je l’explique beaucoup aux professeurs de mon école, le soucis c’est que dans notre éducation, nous ne sommes pas assez informés sur le rôle de l’Europe et son fonctionnement. À 18 ans, on est en âge de voter d’exprimer un point de vue ou une position mais lorsque l’on doit voter pour les élections européennes comme cette année et bien on est vite perdu. Le peu que je savais sur l’Europe, c’était les gros sujets d’actualités comme le Brexit, et le fait qu’il y avait des élections mais à mon sens nous ne sommes pas assez informés sur l’importance de l’Europe et de ces élections.

 

Est-ce que grâce à cette expérience, tu en as appris plus sur le fonctionnement de l’Union et sur l’Europe en général ?

Oui totalement. On a beaucoup vu, durant ces quelques jours en Allemagne, l’action et le rôle de l’Union Européenne avec ses instances. Nous avons aussi beaucoup évoqués, lors de ce sommet, des sujets d’actualités comme le développement durable. C’est un des sujets dont on parle le plus entre jeunes. À cette occasion nous avons appris que l’Union Européennes mettait en place des solutions avec l’aide des Nations Unies par le biais des 17 Objectifs de développement durable. Cette expérience nous a donc permis de mieux comprendre le Monde dans lequel on vit mais ça nous a aussi aidé à trouver notre place dans la société. Je pense que ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on ne peut pas agir et qu’on ne peut pas faire entendre notre voix.

 

Durant ce sommet, plusieurs thèmes de discussion ont été évoqués comme la diversité, les discriminations. le harcèlement et l’écologie. Lequel t’as le plus marqué ?

Ils m’ont tous plus ou moins marqués parce que c’est des sujets que l’on vit au quotidien dans notre jeunesse et notre vie. La diversité qui est très présente en France et dans les écoles, le cyber-harcèlement qui est vraiment un phénomène de société propre à notre génération avec les réseaux sociaux. Donc comment lutter contre ces dérives et aider ces personnes qui se font harceler. Bien entendu le développement durable et l’écologie qui me tiennent beaucoup à coeur. Je rajouterais aussi, l’éducation pour tous, qui est vraiment très importante pour moi. On a compris durant ce sommet que l’éducation est le point départ de tout, c’est vraiment la base. Dans certains pays on estime qu’il y a des choses plus importantes que l’éducation et je trouve ça dommageable donc oui ce domaine m’a particulièrement marqué aussi.

 

À t’entendre, on ressent que ton expérience a été très positive mais est-ce qu’il y a quelque chose qui t’as déçu ou un point négatif durant ce Sommet.

Franchement non, je ne vois rien qui fut négatif durant ce voyage. Bon le seul soucis pour moi ça a été la barrière de la langue car je ne parle pas du tout allemand et je ne suis pas très forte en anglais. Les Allemands et Polonais avaient comme critère de bien parler anglais pour participer à ce voyage alors que pour nous ce critère n’existait pas pour permettre à un plus grand nombre de partir. Les Allemands eux parlent super bien anglais et ce n’est même pas un vocabulaire scolaire qu’ils utilisent. Je trouve qu’en France on ne met pas assez l’accent sur l’importance de bien parler les langues étrangères comme l’anglais. Durant ces quelques jours, on avait la chance d’avoir deux personnes très fortes en anglais pour faire le lien entre nous et les autres.

 

S’il y a une chose qui va te manquer de l’Allemagne ça serait laquelle ?

Alors beaucoup de choses (rires). J’ai été très étonnée par un point, c’est qu’en Allemagne, les villes sont remarquablement propres et qu’il sont a fond sur l’écologie, plus que nous en France. Par exemple ils boivent que dans des bouteilles en verre, il ont le système de consignes dans les magasins et je trouve ça super ingénieux. Je pense que c’est cette mentalité par rapport à l’écologie qui va me manquer.

 

Pour finir, est ce que tu as une petite anecdote à nous raconter ?

Alors j’ai pas rigolé sur le moment mais avec du recul ça me fait beaucoup rire. On participait a un conférence avec des élus allemands et j’ai voulu poser une question. Donc je me lève, je prends le micro et au même moment on me coupe et on me dis qu’on donne la parole au Polonais car il fallait faire vite parce que les élus devaient partir. Donc je me suis retrouvée toute seule debout devant tout le monde sans pouvoir poser ma question (rires).

 

Le mot de la présidente des Ceméa Nord-Pas de Calais, Murielle Dekeister

« Ce sommet avec ce groupe de jeunes me donne de l’optimisme. On ne cesse de dire qu’on est mal parti, qu’on est mal barré avec cette génération mais non. On voit bien là, que l’on a des jeunes qui sont présents et investit, qu’ils deviendront des citoyens et citoyennes qui vont s’investir pleinement dans leur mission, ça fait chaud au cœur et ça réconforte. Et nous aux Ceméa, on se dit qu’il faut qu’on se mobilise et qu’on les accompagne afin de faire passer leurs idées. De permettre aussi à tous les jeunes, quelque soit leur niveau social, de connaissance et de compétence de pouvoir y participer. Aux Ceméa on a vraiment insisté sur la diversité des personnes sélectionnés choses qui n’a pas été fait en allemands et polonais et donc on souhaite poursuivre dans cette voix.

On défend beaucoup la mobilité aux Ceméa que ce soit en France ou à l’étranger donc on défend vraiment l’idée que tout jeune doit vivre une mobilité dans sa vie. On souhaite donc réitérer l’expérience pour les années futures. Cette action me donne beaucoup d’espoirs, je les félicite grandement pour leur initiative. »

 

Reporters web media Ceméa : Mariette Hondermarck et Raphaël Bazile