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« Se mettre à la place d’une personne en situation de handicap », entretien avec Audrey Flahaut

Posté le 12/03/10Par Redaction 

A l’occasion de la formation d’approfondissement BAFA « Accueil de public en situation de handicap » à Lille durant vacances d’automne, les stagiaires ont bénéficié de l’intervention d’Audrey Flahaut. Psychothérapeute spécialisée en psychologie de l’enfant au développement ordinaire et pathologique, elle rappelle l’importance de former les animateurs à la prise en charge des enfants handicapés pour une meilleure intégration dans les Accueils Collectifs de Mineurs.

A quel public s’adressent vos interventions sur les enfants en situation de handicap ?

Depuis quatre ans j’interviens aux CEMEA pour sensibiliser les stagiaires essentiellement dans le domaine de l’animation : en BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur), en BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport), ou encore en DEJEPS (Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport).

Pour vous, que doivent avoir retenu les stagiaires à la sortie de cette formation ?

On attend du stagiaire qu’il se mette à la place de la personne en situation de handicap se trouvant en milieu ordinaire. Pour cela, il est important de leur transmettre une véritable représentation de ce que vivent les enfants au quotidien pour leur proposer des choses plus adaptées à leurs capacités. Le but est l’inclusion dans la société, autrement dit de donner aux personnes handicapées une place sociale qui est très pauvre actuellement.

Quel type de handicap vous abordez ?

On aborde tous les handicaps, qu’il s’agisse du handicap mental, psychique, sensoriel et cognitif. J‘appuie davantage sur le handicap mental, allant de la déficience intellectuelle à l’autisme et le handicap dit « invisible » comme les douleurs motrices. Ce sont ces types de handicap auxquels sont confrontés les animateurs parce que les enfants n’ont pas d’accueil spécifique qui nécessite un environnement plus adapté comme un local accessible qui répond aux normes.

Quels sont généralement les inquiétudes et les questionnements de la part des stagiaires ?

On ressent un besoin de support concret pour les aider à intervenir et à travailler auprès des enfants : l’aménagement de l’espace, les postures professionnelles, les postures éducatives.  Comment leur dire ? Comment leur parler ? Quels sont les outils à mobiliser pour un meilleur accompagnement ? Pour la « contenance temporelle », par exemple, je leur conseille de faire une représentation de la journée et des activités. C’est important pour des enfants aux déficiences intellectuelles et autistes car ils ne savent pas toujours se repérer dans le temps,  ils ont besoin d’un support visuel, ça sécurise. Le mieux c’est de barrer les activités déjà passées ou alors d’utiliser des pictogrammes pour une meilleure compréhension des consignes.

En France, la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances encadre l’accompagnement des enfants et des adultes en situation de handicap. Selon vous, qu’est ce qui pourrait être amélioré dans la prise en charge en Accueils collectifs de mineurs?

Il manque des professionnels formés, des moyens pour aménager les locaux et du matériel destiné aux personnes porteuses de handicap. Par exemple, l’utilisation d’un « time-timer » : des horloges où on voit le temps défiler. Je pense que tous les accueils de loisirs devraient avoir ce type d’outils basiques.  Par ailleurs, les professionnels ne sont pas toujours formés aux outils qui existent déjà.  Donc finalement, il manque l’information, la formation et les outils.

Propos recueillis par Madeleine Le Page & Thibaut Copleux

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