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Enjeux des temps libérés

Posté le 12/03/10Par adminAucun commentaire 

Écrit du temps de réflexion autour des temps libérés

Formation à l’animation volontaire et temps libérés

Il semble y avoir un problème d’identification des Ceméa Nord-Pas de Calais sur certains territoires en tant qu’organisme de formation ainsi que sur les valeurs défendues.

Au niveau local, il semble difficile de rivaliser avec certaines associations sur la mise en place de sessions parce que nous ne sommes pas organisateurs. Il est nécessaire de réagir pour assurer une présence homogène sur la région. Il apparaît évident qu’il ne suffit pas de faire de la communication sur nos valeurs et croire qu’une mairie nous donnera, les moyens d’intervenir dans une formation ou sur un terrain pédagogique. Il est nécessaire de continuer à constituer un réseau de membres actifs afin de faire face à la baisse démographique, au changement de profil des militants et à une crise de l’engagement. Nous devons réfléchir sérieusement aux stratégies à mettre en place pour contrer cette tendance mettant en péril notre colonne vertébrale qu’est l’animation volontaire et l’intervention dans les temps libérés.

Les temps libérés, qui dans notre société prennent une place de plus en plus importante, sont majoritairement encadrés par des stagiaires diplômés de l’animation volontaire. Or la professionnalisation de ce champ est exponentielle. Néanmoins, force est de constater qu’elle n’est pas forcément source de transformation à cause d’une absence de plus en plus marquée du militantisme dans ces cursus… Dans les formations professionnelles, nous devons insister sur l’aspect militant de la fonction. Certains soulignent un problème au niveau de l’orientation professionnelle de stagiaires. Il semble difficile de parler de militantisme à des jeunes adultes qui sont dans une situation précaire et dont la priorité immédiate n’est pas nécessairement la transmission de valeurs.

Nous formons plutôt des personnes qui n’ont a priori pas le bon profil pour entrer dans ce type de formation avec la conviction que nous souhaitons. Il n’y a pas assez d’outils dans les formations professionnelles pour aborder la dimension politique et ses contraintes

Les ceméa ne sont pas organisateurs : oui mais…

Il y a un décalage de plus en plus frappant entre les pratiques dans les ACM et ce que nous défendons en formation. Même si nous agissons sur les contenus de stage en animation volontaire, nous ne mettons en place aucun suivi sur le terrain, à quelques exceptions près. A fortiori, nous avons souvent un retour sur « des idées généreuses mais difficilement applicables,… » ou sur des contenus de formations satisfaisants pour les stagiaires qui répliquent « mais sur le terrain, ça donnera quoi ? ». De ce fait, devenir organisateur nous donnerait l’occasion d’assurer un suivi des actions de formations et une application concrète des valeurs politico-pédagogiques que nous préconisons. Réalisation qui ne serait plus seulement l’apanage des seuls militants Ceméa.

Une autre résistance entretenant ce décalage est illustrée par le profil des stagiaires fréquentant les sessions de formation. En effet, les stagiaires BAFA, éprouvent certaines difficultés à mettre en oeuvre ses valeurs dans leur centre, même s’ils les défendent. Il est également de plus en plus difficile, pour les directeurs d’ACM, d’influer sur les contraintes fixées par les organisateurs, notamment d’Accueil de Loisirs (nous devrions, d’ailleurs, réfléchir aux contenus de formations en BAFD intégrant ce paramètre). Ils manquent d’argumentation convaincante. En formation, nous constatons qu’un certain nombre de stagiaires auront peu d’incidence sur leur futur environnement.

Alors que c’est une question que les Ceméa se posent depuis plusieurs années dans ses congrès, toutes les tentatives d’évolution ont avorté. Il devient urgent de prendre une décision en la matière. Il conviendra, au préalable, de cerner le champ d’intervention potentiel. En effet, devenir organisateur ne veut pas seulement dire intervenir dans la gestion d’une structure, mais implique également l’accompagnement et la mise en place du projet éducatif et ses déclinaisons (volet pédagogique, humain, organisationnel,…) en ce qui concerne une municipalité, par exemple.

La gestion d’un Centre social peut être plus intéressante. Un tel espace nous permettrait de toucher un public plus large à travers la dimension intergénérationnelle. Par la même occasion, nous serions des politiques éducatives pour tout un quartier. La cogestion d’une telle structure nous permettrait d’accompagner des projets en choisissant les partenaires avec lesquels nous voudrions travailler

Si une telle décision venait à être prise, de nombreuses questions restent en suspens :

  • Comment évaluer l’influence de nos actions de formation à moyen et long terme sur les terrains d’applications ?
  • Devenir organisateur implique le fait d’intégrer le secteur marchand, mais intervenir dans les formations n’en fait-il pas déjà partie ?…

Contexte politique et affirmation des valeurs sur les temps libérés

Il apparaît que les valeurs politiques influent fortement sur la décision de certaines municipalités pour l’octroi, ou non, de certaines formations. Certains participants pensent que le mouvement ne réaffirme pas assez ses valeurs auprès de certains partenaires. Or, les politiques ont du mal à donner du sens à l’action éducative et se reposent sur les techniciens qui ne sont pas forcément militants de l’éducation populaire. Il faut donc que nous situions notre action dans un contexte politique. Or, par l’agir, les gens adhèrent à des valeurs. Néanmoins, il y a blocage sur les territoires par les politiques déjà en place. Il devient urgent d’élaborer un projet éducatif autour des Accueils Collectifs de Mineurs.

Il faut réaffirmer notre projet politique et défendre notre projet de société. Mais est-ce que mettre en place des méthodes d’éducation active suffit pour induire une transformation ? Il est évident que nous ne sommes pas assez présents dans les institutions. Débattre au sein de notre mouvement ne pose pas de problème mais touchons-nous les autres ? N’est-il pas nécessaire d’apporter une réponse nationale à ce qui entoure les temps libérés dans notre société. Pour cela, il faudrait prendre partie dans des débats tels que la vidéosurveillance, le couvre-feu pour les mineurs… ?

Le public a changé. Le politique a changé, l’animation socioculturelle a changé, mais nous, évoluons-nous en rapport avec ces changements?

 

Participants :
Gille MAILLET ; Jean-Louis DELHAYE ; Arnaud CALONNE ; Sandrine TIRMONT; Julien SEGAS ; Rémy TETU ; Sandrine CLEYMAN ; Cécile CHAPRON ; Sylvian BOYAVAL ; Anne LERNON ; Jean-Paul VANDENWEGHE

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