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Jeunesse en vadrouille, tour d’europe en bande dessinée

Posté le 12/03/10Par Redaction 

Les 26 et 27 février 2016, l’association territoriale des Ceméa Nord – Pas de Calais fêtait ses 30 ans ainsi que ses 5 ans dans les locaux du 11 rue Ernest Deconynck. Pour cette occasion, la question « des jeunesses » a été mise à l’honneur à travers 6 temps forts. Le vernissage de l’exposition tri nationale « Inter Tiras / Entre les cases, devoir de mémoire » dans la soirée du vendredi 26 février fut l’un d’entre eux.

30 ans et toujours en mouvement vers l’Europe et l’International

La semaine précédant l’anniversaire de l’association territoriale des Ceméa Nord – Pas de Calais, dans la cafeteria, ou au centre de ressources, on entendait raisonner un mélange de sonorités d’ici et d’ailleurs : des échanges en trois langues, débattant, et gribouillant des planches de bandes dessinées inspirées par les travaux de Fréderic Logez, Jens Natter et Osvaldo Medina. Ce joyeux bazar, c’était un projet de mobilité entre des acteurs et actrices éducatifs et sociaux de Lisbonne, Lille et Hambourg. « Le projet était dans un coin de notre tête depuis longtemps, il est né il y a quelques années au festival de BD d’Amadora avec les partenaires de Dock Europe à Hambourg et du Club Intercultural Europeu de Lisbonne », explique Camel Guecioueur, responsable d’actions Europe et International et du secteur formation à l’animation professionnelle aux Ceméa Nord – Pas de Calais. « L’idée était de travailler à la création d’un outil pédagogique afin de monter des projets autour du média « bande dessinée » auprès d’enfants et de jeunes, mais aussi d’échanger sur le devoir de mémoire de la première guerre mondiale.»

L’évènement des 30 ans des Ceméa était l’occasion idéale de réaliser une exposition. Au regard des productions des artistes tri nationaux, l’écho entre le conflit international qu’a été la Première Guerre Mondiale et l’actuelle crise des migrant.e.s en Europe se fait largement sentir. Croisée au devoir de mémoire, la mobilité permet également de cerner les enjeux de la solidarité internationale dans le contexte actuel.

Ce projet est financé par l’agence Erasmus + Jeunesse et l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse (OFAJ) dans le cadre de l’appel à projet « 100 projets pour la Paix ». « L’OFAJ,  c’est une formidable institution en termes de ressources et d’ingénierie pédagogique, mais aussi de recherche et de soutien à toutes les formes d’initiatives. » précise Camel Guecioueur.

C’est un échange qui se veut réciproque, les participant.e.s se sont d’abord rencontré.e.s à Lisbonne au festival international de Bande dessinée d’Amadora, le second rendez-vous avait lieu à Lille, puis ils et elles se retrouveront à nouveau en octobre 2016 au Portugal, et à Hambourg en 2017 à l’occasion du festival de BD local.

« Les Ceméa associent ainsi mobilité et réciprocité. Donner et recevoir, permettre le départ et l’accueil. C’est cela qu’il faut aujourd’hui renforcer. »

(Extrait du manifeste des Ceméa – Août 2015)

Sofiane Farhra, un des participant.e.s à la mobilité, en service civique aux Ceméa Nord – Pas de Calais sur des missions d’actions Europe et International, souligne la particularité d’un échange tri national : « On considère que chacun.e doit pouvoir recevoir tous les échanges dans sa langue maternelle, alors lorsqu’il s’agit de trois langues, tout prend trois fois plus de temps. Mais ça permet aussi de réellement prendre le temps de s’écouter, d’entraîner son oreille aux sonorités des autres langues. Les animations linguistiques ont aussi permis de casser les blocages et une réelle cohésion de groupe s’est installée avec des amitiés entre des personnes qui n’ont pourtant pas de langue commune ! »

Camel Guecioueur argumente la nécessité de vivre une mobilité pour tous les acteurs et actrices éducatifs : « Je pense que pour tout enseignant.e, éducateur.trice, ou animateur.trice, s’il ou elle ne se penche pas sur cette question, cela aura des incidences sur le public avec lequel il ou elle travaille. Il existe déjà des outils pour travailler sur le vivre ensemble, le « pas de côté », les représentations, mais ils ne sont pas suffisants. C’est en donnant la possibilité aux gens de se mouvoir qu’ils et elles peuvent se rendre compte d’une réalité et forcément une transformation s’opère sur la personne. Pour émettre des objectifs de vivre ensemble auprès d’un public, il faut que cela passe d’abord par les acteurs et actrices éducatifs. Certain.e.s n’ont jamais vécu ce type de mobilité, or, elle est aussi un support permettant de remettre en place des espaces de vie en collectivité qui ont tendance à se perdre, et elle permet en plus de travailler sur des échanges de pratiques. »

Ce sont aussi ces échanges de pratiques qui ont rythmé et animé la table ronde du samedi 27 février « Projets de mobilités européennes ou internationales, quels leviers pour permettre l’engagement de toutes les jeunesses ? ».


Marion Rétaux

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